Petit CR sur la rencontre d'hier soir avec François Bayrou.
Pour l'anecdote : arrivé avec mon épouse quelques minutes à peine avant notre leader, évidemment plus de places assises. Mais voyant le nombre de personnes debout, François a invité ceux qui le désiraient à s'asseoir derrière l'estrade. C'est ainsi qu'on a suivi tout son discours en contemplant sa nuque à moins de trois mètres de nous.

Mais au moins, on l'a bien entendu.
Vu que la plus grande partie de son discours est le même que celui de Paris, je vous y renvoie pour les grandes lignes, m'en tenant ici à quelques compléments.
Comme vous l'aviez compris, la salle était pleine à craquer : au moins 500 personnes, certaines venues de loin (entre autres, une ex-candidate aux législatives de l'Oise). Ovation à l'entrée de FB digne de celle du Zénith 6 semaines plus tôt.
Explications définitives sur l'origine du terme « MoDem ».
Le jour même de la décision, quelqu'un lui avait proposé une abréviation en MoDe, qui ne lui avait pas plu.
Dans la soirée, il a reçu plus de 50 courriels lui proposant « MoDem ». C'était donc adopté avant même que je ne signale cet acronyme possible sur ce forum. (Je suis donc innocent, votre honneur !

)
Concernant le « Parti Démocrate », je cite (à peu près) ses paroles : « Ce n'est pas à cause du sigle que nous avons choisi autre chose. Si nous avions adopté ce nom, j'aurais dit : " Avant, c'était une insulte homophobe, maintenant ce sera un titre de fierté !". En fait, une personne s'était empressée de déposer "Parti Démocrate" à l'INPI et réclamait cent mille euros pour nous le rétrocéder. C'était naturellement hors de question. »
Il paraît qu'il y n'y a pratiquement pas de conflits UDF vs MoDem dans le Nord, contrairement à certaines autres régions. « C'est parce que vous, Nordistes, être plus intelligents. » a-t-il plaisanté. (Quelques aplaudissements, davantage de rires.)
La grande nouveauté du MoDem ? Des militants venus de tous les horizons : de gauche, de droite, de nulle part, ayant un point en commun : ils ont restrouvé l'espoir. Une différence en commun avec tous les autres partis : ce sont des gens qui pensent. Je cite François : « Une ancienne de l'UDF était éberluée : "Ils viennent d'où, ces MoDem ? On les laisse ensemble dans une pièce, une heure après ils sont en train de refaire le monde !". Dans les partis, on ne sait plus penser. On suit le mouvement. Moi-même, pendant des années, j'ai très peu pensé. Maintenant, le MoDem s'est formé de gens qui pensent, et qui obligent les anciens à réapprendre à penser. Ce qui ne plaît pas forcément à tous. »
Un Vert qui s'est exprimé a dit venir de l'extrême-gauche et avoir été stupéfait d'être d'accord avec tout le programme de FB. Son gros problème, c'est, s'il prend sa carte, de trouver comment expliquer sa nouvelle position à des gens à qui il a des années durant expliqué qu'il fallait être le plus à gauche possible.
Le nombre total de MoDem ayant effectivement cotisé est de 45 000. Mais, estime FB, chaque personne ayant adhéré correspond à au moins cinq personnes susceptibles de nous rejoindre (et il considère que c'est une hypothèse basse). Le MoDem a donc le potentiel pour devenir le premier parti de France.
Pour les UDF, les chiffres réels sont des renouvellement bon an mal an de 15 à 16 000 cotisations. Mais comme on accorde un an de sursis, les 31 000 sont donc les personnes ayant cotisé en 2005 et/ou 2006. (À comparer aux 45000 MoDem en quelques semaines).
En pratique, tous les partis gonflent ainsi (ou même autrement) les chiffres. ET là encore, on se différencie : « Pour le MoDem, je peux me permettre d'annoncer simplement les vrais chiffres, ils sont largement assez bons » a-t-il précisé.
Comme il repartait pour Paris par le dernier TGV du soir et qu'il a répondu aux questions jusqu'à la dernière secondes, je n'ai pu lui parler que 15 secondes, le temps de lui donner le livre que le réchauffement climatique que j'ai publié, et qu'il a promis de lire.