Le président de la République veut créer un choc économique, en donnant du pouvoir d'achat supplémentaire, pour relancer la croissance et l'emploi. Mais ces cadeaux fiscaux vont coûter cher : 14 milliards d'euros. Cela sera-t-il efficace pour les Français aux revenus les plus modestes ?
http://www.rtl.fr/info/chroniques/chroniquesint.asp?dicid=540211&rubid=173127 juin 2007
L'actualité économique en bref
- Comme prévu, la Banque Centrale Européenne a relevé d'un quart de point son taux de référence : il passe à 4%.
- Après 2007 ! Bouygues n'envisage pas d'augmenter sa participation de 25% dans Alstom avant l'année prochaine, le temps de consolider leur rapprochement.
Confidentiel
La S.N.C.F. veut sous-traiter son transport de marchandises vers la Grande-Bretagne à Eurotunnel.
Le fait du jour : les cadeaux fiscaux de Nicolas Sarkozy vont coûter cher
Le paquet fiscal est bouclé : il est au Conseil d'Etat pour avis, et sera présenté au Parlement immédiatement après les législatives et, effectivement, cela va coûter très cher. Ce sont les détaxes sur les heures supplémentaires, l'exonération des droits de succession, l'allègement des droits de donation, le crédit d'impôt pour les intérêts d'emprunt immobilier, et le bouclier fiscal à 50%.
Le président de la République veut créer un choc économique, en donnant du pouvoir d'achat supplémentaire, pour relancer la croissance et l'emploi. Parfait. Mais ce paquet fiscal soulève un certain nombre de questions sur son efficacité. C'est bien de distribuer du pouvoir d'achat supplémentaire, à condition de le cibler sur les plus modestes, sinon cela ne servira qu'à alimenter les livrets d'épargne, et sans effet sur la consommation.
La déduction des intérêts d'emprunt immobilier : même chose. C'est bien si on la réserve aux jeunes, et pour un premier achat, mais, aujourd'hui, le bâtiment n'a pas besoin d'être soutenu. Il ne s'est jamais aussi bien porté depuis 20 ans.
Quant à la détaxation des heures supplémentaires, là, je dois dire que l'on retrouve tout le génie technocratique français ! Pour réduire le temps de travail, pour passer aux 35 heures, Lionel Jospin avait déjà allégé les charges des entreprises de 15 milliards d'euros. Maintenant, c'est pour augmenter le temps de travail que l'on allège les charges de 5 milliards. Bilan : un aller-retour qui coûte 20 milliards à l'Etat, c'est-à-dire aux contribuables, alors que revenir tout simplement aux 39 h aurait permis d'économiser l'équivalent. Il y a des tabous qui coûtent très chers !
Qui va payer ces 14 milliards d'euros ?
C'est toute la question ! François Fillon vient d'envoyer une lettre à ses ministres, pour leur demander de faire des économies tous azimut. On va voir. Tout comme une autre promesse de Nicolas Sarkozy : celle de ne pas renouveler un départ à la retraite sur deux chez les fonctionnaires. Le Premier ministre compte beaucoup sur la croissance et ces recettes fiscales supplémentaires. La tentation aussi, c'est de laisser filer les déficits : mais c'est la pire des solutions, quand on connaît notre endettement !
La note du jour
18 sur 20 à Jean-Louis Beffa : après 21 ans à la tête de Saint-Gobain, il passe la main à son dauphin, Pierre-André de Chalendar. Après avoir multiplié par 3 son chiffre d'affaires, par 8 ses bénéfices, et fait de Saint-Gobain l'un des leaders mondiaux de construction.
Question à Mireille Faugère, directrice des Voyageurs à la S.N.C.F.
Pourquoi, lorsqu'on compose le 3635 pour obtenir des renseignements, le prix de la minute de communication n'est pas indiqué. Compte tenu des délais d'attente, un usager s'est retrouvé avec une facture de téléphone de 22 euros. Ca fait cher du renseignement !