http://www.rtl.fr/info/chroniques/chroniquesint.asp?dicid=538533&rubid=17310vendredi 1 juin 2007
L'Europe selon Nicolas Sarkozy
Le nouveau président était jeudi à Madrid pour rencontrer Jose Luis Zapatero. Il s'agissait bien entendu de l'avenir de l'Union européenne. Nicolas Sarkozy tente de convertir ses interlocuteurs à son traité simplifié.
Oui depuis que Nicolas Sarkozy a été élu Président de République, en matière extérieure il donne la priorité absolue au déblocage des institutions européennes. Il a raison; il a raison pour l'Europe, il a raison pour l'influence de la France en Europe et il a raison pour son propre statut parmi les chefs d'états et de gouvernement en Europe. Alors pour ça, d'une part on le voit bien, il court à travers toute l'Europe rencontrer ses principaux responsables ou bien il les reçoit à Paris ou il va les voir sur place. Il a vu tout de suite Angela Merkel. Il a reçu Romano Prodi. Il a été à Bruxelles. Maintenant il est à Madrid; il ira à Varsovie. On sent que c'est sa grande affaire et qu'il veut le démontrer. Et puis par ailleurs il a lâché du lest par à propos de la Turquie. Puisqu'il a accepté de repousser au fond une position de fond de sa part jusqu'en décembre prochain. A la fin de l'année au moment où il y aura le rapport annuel de la commission sur les négociations avec la Turquie et même il a lancé cette idée qui est d'ailleurs encore assez vague d'union méditerranéenne.
Donc là aussi bon il prend des positions. il essaie de simplifier les choses. On voit bien que son idée c'est avant tout de dédramatiser la question de ce qu'on appelait la constitution européenne. C'est à dire d'abord que ce ne soit plus une constitution qui ait un tout petit nombre d'articles, que des parties entières sautent et finalement, et bien finalement que ça devienne de simples amendements au traité de Nice, c'est à dire au fond un peu, tout de suite, ça vaut mieux que beaucoup, jamais.
Mais est-ce que le traité simplifié ne risque pas d'être réduit à sa plus simple expression ?
Évidemment c'est le risque principal. Déjà ce que propose Nicolas Sarkozy sur le fond, c'est devenu très modeste par rapport à ce qu'était la Constitution Européenne. Plus de 3ème partie. la 2ème partie vacillante. Il reste la 1ère partie, celle sur les institutions. Dans la 1ère partie on ne garde pas tout. Il y aurait essentiellement un président du conseil européen stable, un ministre des affaires étrangères, la réduction de droite de veto et la double majorité. Et c'est à peu près tout. Or ce qui est très compliqué c'est que d'abord la plupart des pays veulent beaucoup plus. Les 18 qui ont déjà ratifié, soit par voie parlementaire, soit par référendum, eux ils voudraient beaucoup plus de choses. Par exemple la charte sociale à laquelle beaucoup tiennent : les espagnols, les italiens, et puis ils voudraient le système de double majorité. Majorité des états, majorité de la population. Or par exemple la Pologne ne veut pas. Et justement il y a 3 pays : la Grande Bretagne, la Pologne, la République tchèque qui eux voudraient encore moins que ce que propose Nicolas Sarkozy. Et évidemment le risque dans tout ça, et bien on le voit bien. C'est qu'il y a encore quelques articles qui sautent, par exemple ce qui concerne la double majorité qui avantage terriblement la Pologne et d'ailleurs aussi l'Espagne et qui désavantage l'Allemagne. Et d'ailleurs à un moindre degré la France par exemple. Et que au bout du compte le traité simplifié ça devienne un traité infirme, voire un traité décapité.
Alors s'il y avait accord pour faire ratifier ce traité simplifié par voie parlementaire, est-ce que les citoyens français se sentiraient pas dépossédés ?
Il y aurait sûrement de toute façon une campagne la-dessus. Cela dit je trouve que ça se serait une campagne injuste . D'abord parce que c'est plus du tout une constitution. Plus du tout. Peut être malheureusement mais ça l'est plus. Ensuite parce que le traité de Nice il a été ratifié par voie parlementaire. Là il s'agirait d'amendement au traité de Nice. Et puis il y a quelque chose qui serait beaucoup plus intéressant que ça, ce serait de demander comme c'est possible la publicité donc la transparence des conseils européens qui sont en fait des réunions diplomatiques et comme ça ça serait la fin de la langue de bois et notamment du double langage, chacun trouvant quelque chose à Bruxelles et le contraire à Paris.