Réponse en plsueiurs points de ma part :
Juju, enfant qui a grandi ... J'ai été élevée par une mère qui travaillait dans le milieu de la psy infantile, et dans un service "en pointe" à l'époque. Frapper un enfant, même une simple petite tape, était un crime de lèse-enfance, un crime contre l'avenir, que sais-je encore. Il fallait dis-cu-ter ... Très bien. J'étais une enfant normale, je cherchais les limites et elles étaient loin de m'apparaître clairement. Je suis entrée à l'école, et les copains me racontaient que pour telle ou telle chose, ils avaient eu une fessée, ou une claque. Et moi, rien ... Jusqu'au jour où j'ai été tellement pénible que ma mère a craqué et m'a mis une (bonne ?) fessée. Réaction de l'enfant de 4 ans que j'étais : "ouf ! tu m'aimes alors ?". Il faut tenir compte du contexte culturel. Pour moi, que ma mère me donne une fessée, c'était la preuve qu'elle se préoccupait de moi et donc qu'elle m'aimait !
Juju, maman En tant que maman, je suis un peu sur la position de Papy (je crois ... je n'ai pas toute la discussion sous les yeux) : tant que l'enfant n'est pas accessible au langage, il faut fixer les limites d'une façon ou d'une autre. Chez nous, la tape n'est pas la règle, loin de là, mais nous ne nous l'interdisons pas. La première règle est l'empêchement physique : je vois mon gamin se préparer à faire une ânerie, j'arrête son geste, et je ui explique pourquoi. Si l'ânerie est déjà faite, je le gronde (avec la grosse voix et les gros yeux) et je le mets en "prison" (tout petit : contre moi, un temps déterminé : impossible de partir ou de jouer, et maman qui ne veut pas faire de câlins ... trop duuuuuuurrrr !!!! plus grand : au coin). La tape est réservée aux actes dangereux (le grand classique : le môme fonce, et ne veut pas s'arrêter au moment de traverser la rue) ou à l'ânerie consciemment répétée (on me cherche, on me trouve). Cela dit, avec le dernier, j'essaie de limiter au maximum la tape, car il a tendance à abuser de la force lui-même, donc j'évite de donner le mauvais exemple. Mais les deux ont eu des fessées dans leurs trois premières années. Je ne le regrette pas, je n'en ai pas honte. En grandissant, on utilise de plus en plus la parole. Il ne me viendrait pas à l'idée de fesser ma fille de 6 ans !!!!! Cela dit, c'est un choix éducatif qui est propre à chaque famille, et qui devrait être réfléchi par les parents. Et il faudrait aider les futurs parents à y réfléchir, sans poser de tabous.
Juju, prof de collège Bien évidemment, hors de question de frapper un élève ! Même si parfois, on est humain, ça peut démanger. La culture et l'éducation consistent justement à ne pas utiliser de tels moyens, et nous devons montrer l'exemple. Cela dit, je suis confrontée à des adolescents divers, ayant subi/vécu divers modes d'éducation parentale, et ça laisse parfois des traces. D'un côté, les enfants à qui on n'a jamais donné de vraies limites. Ils se croient tout permis, vis-à-vis de leurs camarades comme de leurs professeurs. Ils pensent aussi que tout leur est dû : leurs parents n'ont guère l'habitude de leur refuser ou de leur interdire quoi que ce soit. Ca pose clairement problème au niveau de leur intégration sociale. De l'autre, les enfants qui fonctionnent à la maison avec les coups. Certains parents n'hésitent d'ailleurs pas à nous dire : "s'il vous manque de respect, tapez-le !" (argh .... et pi d'abord, si je tape X., 14 ans et plus grand que moi, je risque d'avoir encore plus de problèmes avec lui qu'avec ma hiérarchie !). Ces gamins-là, heureux de se savoir dans un environnement où ils ne risquent rien, s'en donnent souvent à coeur joie. Et avec eux, c'est la loi du plus fort qui prévaut. Je ne sais pas si ça file droit à la maison, ni jusqu'à quel âge, mais à l'école ... Et bien sûr, comme nous ne sommes pas des s******, nous avons tendance à minimiser la situation face aux parents, pour ne pas aggraver leur situation à la maison. Personnellement, un père a menacé devant moi son fils de 13 ans de le renvoyer au pays en pleine guerre civile (avec menace de devoir prendre les armes, clairement formulée) s'il ne travaillait pas mieux et s'il n'était pas plus sage. Ben le père, je ne lui ai plus jamais dit du mal de son fils (qui ne s'était en rien amélioré, bien évidemment !). Il y a aussi les parents immigrés, qui se retrouvent le cul entre deux chaises : ils n'ont ni l'expérience d'une éducation non-violente, ni les moyens d'accéder aux ouvrages qui expliquent aux 95% de Français francophones et alphabétisés comment élever leurs enfants. Et ils pensent que dans notre pays, s'ils donnent une tape à leurs enfants, la DDASS va débarquer pour les leur prendre. Ils se retrouvent donc démunis face à des enfants pas plus faciles que les autres, et confrontés plus souvent et plus tôt que les autres à la violence et à la délinquance ... Facile de leur jeter la pierre, mais leur situation n'est pas évidente non plus. |