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Revue du sujet
AuteurMessage
PapyJC_78
Dim 8 Juil - 20:50  

Merci Juju tu as développé brillament ce que j'essayais de dire depuis le début de ce détournement du fil. Ce que tu décris ici, avec ton expérience, représente bien ce que je souhaitais partager avec vous sur ce sujet.

Je m'interroge aussi sur la vertu de la sanction et n'ai voulu partager ici que l'experience personnelle d'une vie, avec ses succès et ses ratés.

Je ne sais pas ce qui est le plus efficace, ayant vu deux "extrèmismes" à l'oeuvre dans cette vie avec des résultats mitigés. Je suis, cependant et seulement, persuadé de ce que dans ce domaine aussi, les positions extrèmes ne sont pas les plus efficaces.
Juju-la-terreur
Dim 8 Juil - 19:49  

YANN 35 a écrit:
Papy, je ne crois pas du tout à la vertue de la sanction


Juste un point de vocabulaire : une sanction n'est pas uniquement physique, ni même négative. Il existe des sanctions positives pour un comportement positif, par exemple.

Pour ma part, je pense que par ailleurs, il existe des violences psychologiques pires que les violences physiques. C'est toute la relation du parent à l'enfant qu'il faut évaluer : la sanction du comportement "inadéquat" est-elle appropriée, raisonnable ? Est-elle expliquée ? Vient-elle au bon moment ? L'enfant est-il mis en cause, ou seulement son comportement ? Il y a un monde entre "Mais t'es con ou quoi ?" et "Non, tu ne dois pas faire ça ! + epxlications", même sans claque ni fessée ...
Juju-la-terreur
Dim 8 Juil - 19:41  

Réponse en plsueiurs points de ma part :

Juju, enfant qui a grandi ...
J'ai été élevée par une mère qui travaillait dans le milieu de la psy infantile, et dans un service "en pointe" à l'époque. Frapper un enfant, même une simple petite tape, était un crime de lèse-enfance, un crime contre l'avenir, que sais-je encore. Il fallait dis-cu-ter ... Très bien. J'étais une enfant normale, je cherchais les limites et elles étaient loin de m'apparaître clairement. Je suis entrée à l'école, et les copains me racontaient que pour telle ou telle chose, ils avaient eu une fessée, ou une claque. Et moi, rien ... Jusqu'au jour où j'ai été tellement pénible que ma mère a craqué et m'a mis une (bonne ?) fessée. Réaction de l'enfant de 4 ans que j'étais : "ouf ! tu m'aimes alors ?". Il faut tenir compte du contexte culturel. Pour moi, que ma mère me donne une fessée, c'était la preuve qu'elle se préoccupait de moi et donc qu'elle m'aimait !

Juju, maman
En tant que maman, je suis un peu sur la position de Papy (je crois ... je n'ai pas toute la discussion sous les yeux) : tant que l'enfant n'est pas accessible au langage, il faut fixer les limites d'une façon ou d'une autre. Chez nous, la tape n'est pas la règle, loin de là, mais nous ne nous l'interdisons pas. La première règle est l'empêchement physique : je vois mon gamin se préparer à faire une ânerie, j'arrête son geste, et je ui explique pourquoi. Si l'ânerie est déjà faite, je le gronde (avec la grosse voix et les gros yeux) et je le mets en "prison" (tout petit : contre moi, un temps déterminé : impossible de partir ou de jouer, et maman qui ne veut pas faire de câlins ... trop duuuuuuurrrr !!!! plus grand : au coin). La tape est réservée aux actes dangereux (le grand classique : le môme fonce, et ne veut pas s'arrêter au moment de traverser la rue) ou à l'ânerie consciemment répétée (on me cherche, on me trouve). Cela dit, avec le dernier, j'essaie de limiter au maximum la tape, car il a tendance à abuser de la force lui-même, donc j'évite de donner le mauvais exemple. Mais les deux ont eu des fessées dans leurs trois premières années. Je ne le regrette pas, je n'en ai pas honte.
En grandissant, on utilise de plus en plus la parole. Il ne me viendrait pas à l'idée de fesser ma fille de 6 ans !!!!!
Cela dit, c'est un choix éducatif qui est propre à chaque famille, et qui devrait être réfléchi par les parents. Et il faudrait aider les futurs parents à y réfléchir, sans poser de tabous.

Juju, prof de collège
Bien évidemment, hors de question de frapper un élève ! Même si parfois, on est humain, ça peut démanger. La culture et l'éducation consistent justement à ne pas utiliser de tels moyens, et nous devons montrer l'exemple. Cela dit, je suis confrontée à des adolescents divers, ayant subi/vécu divers modes d'éducation parentale, et ça laisse parfois des traces.
D'un côté, les enfants à qui on n'a jamais donné de vraies limites. Ils se croient tout permis, vis-à-vis de leurs camarades comme de leurs professeurs. Ils pensent aussi que tout leur est dû : leurs parents n'ont guère l'habitude de leur refuser ou de leur interdire quoi que ce soit. Ca pose clairement problème au niveau de leur intégration sociale.
De l'autre, les enfants qui fonctionnent à la maison avec les coups. Certains parents n'hésitent d'ailleurs pas à nous dire : "s'il vous manque de respect, tapez-le !" (argh .... et pi d'abord, si je tape X., 14 ans et plus grand que moi, je risque d'avoir encore plus de problèmes avec lui qu'avec ma hiérarchie !). Ces gamins-là, heureux de se savoir dans un environnement où ils ne risquent rien, s'en donnent souvent à coeur joie. Et avec eux, c'est la loi du plus fort qui prévaut. Je ne sais pas si ça file droit à la maison, ni jusqu'à quel âge, mais à l'école ... Et bien sûr, comme nous ne sommes pas des s******, nous avons tendance à minimiser la situation face aux parents, pour ne pas aggraver leur situation à la maison. Personnellement, un père a menacé devant moi son fils de 13 ans de le renvoyer au pays en pleine guerre civile (avec menace de devoir prendre les armes, clairement formulée) s'il ne travaillait pas mieux et s'il n'était pas plus sage. Ben le père, je ne lui ai plus jamais dit du mal de son fils (qui ne s'était en rien amélioré, bien évidemment !).
Il y a aussi les parents immigrés, qui se retrouvent le cul entre deux chaises : ils n'ont ni l'expérience d'une éducation non-violente, ni les moyens d'accéder aux ouvrages qui expliquent aux 95% de Français francophones et alphabétisés comment élever leurs enfants. Et ils pensent que dans notre pays, s'ils donnent une tape à leurs enfants, la DDASS va débarquer pour les leur prendre. Ils se retrouvent donc démunis face à des enfants pas plus faciles que les autres, et confrontés plus souvent et plus tôt que les autres à la violence et à la délinquance ... Facile de leur jeter la pierre, mais leur situation n'est pas évidente non plus.
YANN 35
Jeu 5 Juil - 20:01  

Ce qui serait intéressant c'est de s'intéresser aux causes profondes de ce désavoeu, ça sûrement été déjà fait d'ailleurs. Je pense que ce que j'ai cité plus haut n'a pas dû aider à faire briller l'image du corps enseignant, le corporatisme des profs non plus, le principe "jeune prof en banlieue" non plus, etc...
Jean-Luc
Jeu 5 Juil - 19:44  

Quand le mal est fait (la perte d'autorité), il est très difficile de remettre les choses en état.

Il y a seulement quelques dizaines d'années, l'instituteur du village était un personnage respectable et respecté. Il était souvent consulté par l'un ou l'autre et siégeait fréquemment aux conseils municipaux.
De nos jours, un enseignant n'est plus considéré que comme un mal nécessaire.

Il faudra au moins une génération, probablement deux, pour rétablir une situation saine...