http://fr.news.yahoo.com/ap/20071024/tpl-assemblee-financement-partis-bayrou-cfb2994_1.htmlPARIS - François Bayrou entend soumettre au Conseil constitutionnel la proposition de loi des députés du Nouveau Centre visant à avoir accès au financement public pour leur parti, "pour montrer" que ce texte "ne correspond pas aux principes de notre droit".
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Mardi le gouvernement a en effet décidé d'inscrire, en urgence, mercredi à l'Assemblée nationale une proposition de loi du Nouveau Centre, lui ouvrant droit au financement public des partis politiques.
Aux législatives de juin, le Nouveau Centre, parti centriste rallié à l'UMP, n'a en effet pas rempli les deux conditions nécessaires pour bénéficier du financement public: avoir obtenu 1% des suffrages exprimés et présenté des candidats dans au moins 50 circonscriptions.
"Ce sont les électeurs qui doivent vous donner droit au financement", a observé François Bayrou mercredi. "On est en train de changer cette règle pour récompenser les ralliements", "ceci ne sera pas constitutionnel", a-t-il prédit sur LCI.
Le député des Pyrénées-Atlantiques a annoncé son intention de "monter" mercredi "à la tribune de l'Assemblée nationale" pour encourager ses collègues à entrer en résistance contre "ce texte de loi qui est tombé absolument comme un météore, par surprise totale, annoncé hier à 11h, examiné ce matin à 9h30 au mépris de tous les droits de l'Assemblée".
"J'espère qu'il y aura plus de 60 députés de quelque groupe que ce soit pour le soumettre au Conseil constitutionnel", a-t-il dit.
François Bayrou s'est indigné de ce que le Nouveau Centre "qui n'est ni nouveau ni centre mais qui s'appelle comme ça", ait choisi "de présenter des candidats absolument fantaisistes dans des circonscriptions où ils n'avaient jamais mis les pieds: les frères, les soeurs, les secrétaires et les chauffeurs".
Interrogé sur les travaux du comité Balladur sur la réforme des institutions, le président du MoDem s'est demandé "quelle mouche a piqué les membres de ce comité". Il a jugé "ridicule" l'éventuelle introduction d'une dose de proportionnelles aux élections législatives à hauteur de 30 députés.
"On ne demande pas la charité, c'est 5% de l'Assemblée, franchement ça n'a aucun sens", a-t-il déclaré.
Quant à l'idée d'instaurer un système de grands électeurs chargés de désigner les candidats à la présidentielle, François Bayrou a fustigé une "oligarchie", "l'idée qu'il y a des citoyens de premier plan qui sont les élus" et "des citoyens de deuxième plan qui sont les électeurs banals".
"Vous croyez que les Français vont accepter que des gens votent à leur place?", a demandé le député des Pyrénées-Atlantiques. "Rien de tout cela ne sera acceptable, je suis absolument certain que ça n'entrera pas dans notre droit", a-t-il dit.